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SI TU NE CROIS PAS

 

Si tu ne crois pas je te jure

Sur Sidi-Aîch et ses saints

Ton mari vit de chaudes aventures

Dans son exil doré parisien

Et toi pauvre kabyle tu endures

Mal vie misères et chagrins

 

Si tu ne crois pas je te jure

Sur le saint de Sidi H’lal

Ton mari dans de belles voitures

Ne pense plus à son pays natal

Et toi kabyle digne tu endures

La faim et le froid hivernal

 

 

Si tu ne crois pas je te jure

Sur le vénérable Sidi Belloua

Ton mari t’a reniée c’est sûr

Car il a perdu même sa foi

Et toi kabyle fière tu endures

Solitude dénuement et désarroi

 

Si tu ne crois pas je te jure

Sur le sage Sidi Abderahmane

Ton mari a oublié sa progéniture

Il est comme l’épave que les flots malmènent

Et toi kabyle racée tu endures

Les durs travaux de l’argile et de la laine

 

Si tu ne crois pas je te jure

Sur la tombe de Sidi Oudris

Ton mari est dans des lieux impurs

Des femmes de l’alcool et du vice

Et toi kabyle résignée tu endures

En offrant ta jeunesse en sacrifice

 

Si tu ne crois pas je te jure

Sur les autels de tiqoravine

Ton mari est captif entre les murs

De sa vieille et méchante concubine

Et toi kabyle désespérée tu endures

Malheur comme si tu étais orpheline

 

Si tu ne crois pas je te jure

Sur tous nos saints mausolées

Ton mari a commis l’injure

Quand en France il s’en est allé

Et toi kabyle innocente tu endures

Les problèmes auxquels on t’a acculée

 

Victime de ses viles fréquentations

Ton mari a eu une vie éhontée

En exil happé par les bas-fonds

Il a perdu ses repères et son identité

Aveugle il erre comme un vagabond

C’est maintenant qu’il va regretter

 

 

Cheveux grisonnants bouche édentée

Il reviendra quémander ton pardon

Et toi généreuse et pleine de bonté

Tu lui ouvriras grand ta maison

Ce n’est pas parce qu’il l’a mérité

Mais pour faire taire les qu’on dira-t-on

 

Traduit librement d’une des chansons de H'nifa

L'EDITH PIAF KABYLE :

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